Conseil territorial du 17/09/09 : retour sur les débats concernant le dossier pêche…

Avant d'entrer dans le détail des délibérations ayant trait au soutien financier de la Collectivité et de l'Etat dans le secteur Pêche, la conseillère territoriale de Cap sur l'Avenir, Annick GIRARDIN, a tenu à faire le point sur les difficultés que rencontre ce secteur, insistant au passage sur la situation plus que préoccupante des armateurs et marins pêcheurs locaux.

En premier lieu, Annick GIRARDIN a souligné que l'Archipel n'avait toujours pas de plan de développement pour la filière « pêche et aquacole », alors que cette compétence est du ressort du Conseil Territorial. De ce fait, nous n'avons aucune vision sur le devenir de ce secteur à court, moyen et, encore moins, long terme.

Pire, ce sont les initiatives privées qui dictent l'évolution de cette filière dans l'Archipel. D'où la « pagaille » actuelle et les conflits et manifestations à répétition auxquels nous assistons depuis bien trop longtemps.

La conseillère de l'opposition a dressé les mêmes reproches envers l'Etat, malgrè, il faut bien l'avouer, la création d'un Comité de la filière halieutique qui se veut un lieu de discussion pour l'établissement des quotas et futurs projets financiers. Le « hic », c'est que les décisions prises par ce comité ne sont que des avis. Et comme l'indique ce mot, le représentant de l'Etat peut tout à fait passer outre.

Pour les élus de Cap Sur l'Avenir, le plus inquiétant dans cette « navigation à vue » de la filière pêche et aquacole, c'est le désarroi des premiers maillons de cette chaîne industrielle que sont les marins pêcheurs. « Ce sont eux les grands perdants de cette pagaille » a insisté Annick GIRARDIN.

Ce sont eux qui doivent survivre en supportant les créances laissées par la défunte société Interpêche après sa liquidation, mais aussi celles des Nouvelles Pêcheries en raison de leur fermeture précipitée pour cette saison 2009 (on parle de 100 000 euros !), sans parler des retards de paiement de SPM Seafood suite à leur fermeture en juillet, mais aussi des difficultés rencontrées semble-t-il avec la SNPM. Force est de constater que les armements traversent une saison catastrophique et « si l'on voulait faire disparaître la Pêche Artisanale, on ne s'y prendrait pas autrement » de déclarer la conseillère territoriale Annick GIRARDIN.

«  Alors que vous vous apprétez à investir massivement dans le secteur Pêche, j'estime - a déclaré Annick GIRARDIN- que ce premier échelon de la filière (les producteurs) nécessite toute notre attention :

  • Il faut faire en sorte que les choix de diversification et d'investissements des usines de traitement aillent de pair avec ceux effectués en amont par les pêcheurs. Prenons un exemple : si une usine fait le pari du « concombre de mer » ou du bulot en investissant dans de nouvelles machines grâce à des subventions publiques, il faut en parallèle aider de la même manière les armements à s'équiper pour pêcher de telles espèces. Cela me paraît une évidence, sinon nous allons droit dans le mur !
  • Il faut également que certaines aides versées par la Collectivité évoluent pour être en adéquation avec la situation actuelle de ce secteur. Cette réforme doit se faire en concertation avec les armateurs et marins de la Pêche Artisanale.
  • Enfin, et pour surmonter cette saison catastrophique qui asphyxie financièrement les acteurs de la Pêche Artisanale, il ne serait pas scandaleux que le Conseil Territorial et l'Etat mettent en place des aides exceptionnelles pour aider les armements et les marins à passer ce cap difficile. Il en va de leur survie. »

S'en est suivi un large débat de plus d'une heure entre les élus de Cap Sur l'Avenir et le Président du Conseil Territorial. Malgré cette discussion, le Président a souhaité mettre au vote les délibérations en question. Même si les conseillers territoriaux de l'opposition étaient favorables aux aides à l'investissement prévues pour les usines de traitement (SPM Seafood et SNPM), notamment afin d'assurer la diversification et le développement de leurs activités et ainsi pérenniser l'emploi, ils ne pouvaient pas accepter le versement d'une aide détournée pour alimenter la trésorerie de SPM Seafood.

Après le vote des deux premières délibérations, les conseillers territoriaux de Cap Sur l'Avenir ont quitté la séance après avoir déclaré :

« Le peu d'informations et de documents joints à votre délibération nous font dire que non seulement il n'y a pas de transparence, mais c'est véritablement utiliser des fonds publics pour un enrichissement immédiat.

Je pense, Monsieur le Président que vous faites une grave erreur, et vous aussi Mesdames et Messieurs les conseillers territoriaux. Voter cette délibération c'est participer à une appropriation de biens publics au profit d'une société privée canadienne.

La décision que vous venez de prendre est à nos yeux tellement grave, que nous quittons cette séance pour montrer notre ferme désaccord. Depuis 2000, c'est la seconde fois que Cap Sur l'Avenir quitte une séance officielle. La première concernait un différend avec l'équipe majoritaire de l'époque qui portait sur une somme de 60 000 francs. Cette fois là, les conseillers d'Archipel Demain en avaient fait de même. Force est de constater que depuis Archipel Demain a bien changé ! »

4 commentaires à “Conseil territorial du 17/09/09 : retour sur les débats concernant le dossier pêche...”


  1. 1 SPM 22 sept 2009 à 19:28

    Là ça le mérite d’être clair. On ne peut pas en dire autant du Président Artano qui à mon avis ne fait pas une ” navigation à vue “, mais plutôt une navigation sans instruments dans le brouillard. St-Pierrais et Miquelonnais, quittez le navire nous coulons.

  2. 2 spm82 22 sept 2009 à 22:44

    MAYDAY MAYDAY PAN PAN

    15 armements en detresse

    MAYDAY MAYDAY PANPAN

  3. 3 gadus 23 sept 2009 à 14:34

    Oui dans les fondamentaux mais….quoiqu’on en dise malgré un soutien du bout des lèvres de la p art du ct heureusement que Miquelon est là pour pallier à la panne miracle de l’usine de St Pierre il y a des gens qui travaillent sur Miquelon et pas mal de personnel dans l’usine de traitement qui contrairement à ce que l’on entend paye ses fournisseurs ….et la pêche artisanale …..rendons à César ce qui lui revient !!
    Même le Marcel Angie pourtant actionnaire heureux d’une très bonne affaire sur ST pierre va livrer à Miquelon …..
    Le dernier bastion du pavillon français est sur Miquelon et même si le drapeau à malheureusement eu quelques déboires les miquelonnnais dans les faits le défendent….
    Les artisans sont victimes sur St Pierre d’une bien opportune fermeture de l’usine le lendemain de l’augmentation des prix d’achats de la morue….et sauf à prendre les morues pour des imbéciles la taille des travaux engagés laisse suggérer que cela avait été bien préparé!!
    Panne diplomatique ???? il est vrai que nous avons affaire à un traitement diplomatique de la
    pêche au goût de feuille d’érable fort prononcé avec la bénédiction des autorités qui semblent mettre le drapeau en berne devant nos amis du canada.
    Attribution des quotas OPANO, des quotas de crevette et pourquoi pas un petit cadeau en plus aux canadiens allez on rase gratis et en anglais svp!!
    pendant qu’on y est ajoutons la morue du 3PS ..restera bien quelques maquereaux un demi homard et un peu de concombre des mers pour faire une salade locale aux pommes de terre chaudes cultivées sur Miquelon.
    Parler de la pêche artisanale c’est parler de la pêche française en peau de chagrin dans les préoccupations du CT car en fin de compte la pêche française est la plus petite part des quotas de l’archipel.( 30% du TAC de morue!!).cherchez l’erreur et si vous voulez que des jeunes ou des marins locaux existent il faudrait peut-être inverser la vapeur sur l’exploitation de nos ressources.
    les miettes pour l’archipel et le reste aux canadiens …”la défense de notre identité” suffit pas de l’écrire sur un blog encore faut-il faire des travaux pratiques !!
    politique de la pêche du CT…nada nothing ( pour nos amis canadiens c’est plus facile à comprendre et localement “mescouilles” intraduisible en canadien….
    veut-on défendre la pêche locale ou se contenter de quelques barques pour amuser les touristes?? veut-on réellement permettre aux artisans de se développer ou faire comme avant avec pescanova ??car en fin de compte à l’ouest rien ne change on est toujours sous la coupe d’intérêts étrangers qui n’ont rien à faire de l’histoire locale et des intérêts locaux d’ailleurs on se demanderait bien pourquoi ils le feraient….
    Sur l’autel d’une vision court terme électorale et sociale on a sacrifié encore une fois la chance de reprendre en main le destin de la pêche locale…la prochaine fois il faudra brûler les drapeaux canadiens ce n’est pas puni par la loi française…et on risque d’en avoir de plus en plus à disposition
    Au fait St Pierre était encore présent au salon du livre, de la géographie au concours de nougat à Montélimar à la foire aux oeufs de trifouilli les gonesses et sera présent au colloque sur la culture des papillons et des vers à soie à st glinglin …alors la pêche on verra ça quand les autruches auront des dents ( à la quarantaine) et les vieux une cure de jouvence dans la maison de retraite vide de Miquelon…..
    Continuons comme cela on est dans la bonne voie ….de garage !!!

  4. 4 spm82 23 sept 2009 à 18:09

    repondre a gadus…..
    1
    peut etre mais bon l’etat a soit disant donner de l’argent a l’ancienne entreprise en 2006 pour faire les meme travaux ….. MOI je constate que l’etat aime donner de l’argent pour foutre en l’air, mais l’etat dont sont devoir de NE faire JAMAIS de constat donc tu vas dans les poches du patron….

    2

    votre bateau arrivent en fin de semaine, pas contre dite si vous pouvez fournir les marin pecheurs en glace par la suite une fois que le chalutier ait pris la glace et les 3 autre chalutiers ???

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