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Débat d’orientation budgétaire de la CT : la dette par ménage explose

CT.081217

Ce vendredi 8 décembre, le Conseil territorial organisait son débat d’orientation budgétaire (DOB).

A cette occasion, Matthew Reardon, le conseiller d’opposition de Cap sur l’Avenir, a prononcé une allocution très alarmiste concernant les choix d’investissements colossaux et incertains effectués par la majorité Archipel Demain et les graves répercussions sur l’endettement des ménages de l’Archipel.

L’allocution de Matthew Reardon :

Monsieur le Président du Conseil territorial,
Mesdames et messieurs les Vice-Présidents,
Mes chers collègues conseillers territoriaux,

Au moment de ce débat d’orientation budgétaire pour 2018, moment fort de la vie démocratique de notre Archipel, je commencerai par un chiffre : 17 000 euros.

17 000 euros, c’est la dette que porte désormais chaque ménage de l’Archipel, à Miquelon comme à Saint-Pierre

17 000 euros, c’est la dette que porte désormais chaque ménage de l’Archipel, à Miquelon comme à Saint-Pierre, imposable ou non-imposable, du fait des choix de l’équipe actuelle au Conseil territorial.

Je commence par un chiffre, mes chers collègues, car les chiffres sont têtus – tout comme nous à Cap sur l’Avenir.

Et ceux-ci sont incontestables, car il s’agit de vos propres chiffres concernant la dette de la Collectivité après la première phase d’emprunts et de dépenses pour les ferries, enfin communiqués il y a quelques jours seulement, ainsi que du chiffrage de l’IEDOM concernant le nombre de ménages de l’Archipel.

17 000 euros, Monsieur le Président, c’est ce que devra payer chaque ménage de l’Archipel – en plus des impôts habituels, et même pour ceux qui ne sont pas imposables – pour régler la facture des décisions que vous avez prises dans cette assemblée.

C’est colossal, c’est sans précédent dans l’histoire de l’Archipel – et c’est loin d’être terminé !

En effet, 17 000 euros de dette par ménage, c’est juste en intégrant le début des coûts des ferries. Ça n’inclut toujours pas le coût réel des installations, et notamment des vrais quais permanents, pour qu’ils puissent fonctionner.
Vous reconnaissez vous-même que ces quais sont toujours à l’étude, et que le montant de 16 millions d’euros prévu dans les éléments budgétaires remis pour notre débat d’aujourd’hui relèvent donc, en l’état, de la pure fiction. La note réelle risque, comme d’habitude, d’être bien plus salée.

Pour mémoire, l’Atlantic Jet coûtait, il y a quelques années à peine, 900 000 euros annuels à la Collectivité…

17 000 euros, ce n’est pas fini, car il n’y a rien, dans cette dette colossale et sans précédent, concernant les conséquences des frais de fonctionnement de ces deux ferries. Pour mémoire, l’Atlantic Jet coûtait, il y a quelques années à peine, 900 000 euros annuels à la Collectivité, et vous avez mis SPM Express sur le carreau en leur refusant une rallonge de 150 000 euros, ce qui aurait amené le coût de la desserte pour la Collectivité à un peu plus d’1 million d’euros.

Avec le Cabestan – c’est-à-dire avec un seul traversier ! – le Président Lenormand nous a confirmé sur les médias une subvention d’équilibre de 3,2 millions d’euros par an !

3,2 millions par an, juste avec le Cabestan ! Qu’est-ce que ce sera avec les deux ferries ? Et bien, 1,8 million de plus, toujours selon le Président de la Collectivité, soit 5 millions par an !

Aviez-vous véritablement pris la mesure des conséquences de vos choix avant de vous lancer dans une pareille aventure avec l’argent des contribuables?

Je suis navré de vous dire aujourd’hui que j’en doute fortement, Monsieur le Président, puisque l’opposition réclame systématiquement, à chaque séance officielle du Conseil et en Conseil Exécutif, la communication de tous les éléments du dossier ferries.

Vous nous les avez promis, vous avez reconnu que c’est un droit pour tous les conseillers territoriaux, mais en résultat des courses, les ferries sont là aujourd’hui et on n’a toujours pas ces éléments qu’on attend depuis le mois de mars dernier !

Que cherchez-vous à cacher, Monsieur le Président ? Ces éléments promis sur le cahier des charges, sur les projections financières de fonctionnement, sur les conditions des emprunts souscrits, y compris avec la banque néerlandaise Rabobank, sur les fréquences de rotation et sur le tarif des billets notamment, est-ce qu’ils sont si mauvais que vous n’osez finalement pas tenir parole et nous les transmettre ?

Ou alors, c’est l’autre alternative que j’entrevois, est-ce tout simplement que vous nous avez tous endetté sur un projet aussi colossal sans même anticiper combien ça allait coûter au total et comment on allait utiliser ces ferries ?

Il y a encore quelques mois, l’ancien Président Artano se moquait des capacités de calcul du Député qui se disait effrayé par cette opération ferries qui devrait avoisiner au final les 50 millions d’euros…

Or, aujourd’hui, non seulement vous confirmez ce chiffre sur les ondes de SPM Première, mais en plus vous revendiquez les 50 millions que coûtera de cette opération… où est la logique ? Honnêtement, je n’arrive plus à vous suivre…

Nous sommes inquiets, tout comme la population, Monsieur le Président, et nous sommes en droit de nous poser des questions!

Surtout quand on voit la désorganisation totale entourant l’arrivée des ferries, avec un quai provisoire construit à la hâte à Saint-Pierre et toujours pas terminé, des problèmes majeurs à régler sur Miquelon et qui ne doivent en aucun cas donner lieu à un passage en force au préjudice de tous les autres usagers du port, et puis le réveil soudain concernant l’absence à la date d’aujourd’hui de port en face, sur Terre-Neuve, pour accueillir les bateaux.

On dit que l’histoire se répète, mais j’ai vraiment l’impression d’être de retour au moment de la construction de la gare maritime, ou de l’achat du Cabestan. Car un grand nombre des questions qui se posent aujourd’hui, Cap sur l’Avenir vous les avait déjà posées à l’époque !

Annick Girardin et Yannick Cambray avaient questionné la majorité actuelle sur la pertinence du choix de l’emplacement de la gare maritime, compte tenu du projet ferry qui état déjà annoncé – et c’était juste un seul ferry à l’époque.

Les conseillers de Cap sur l’Avenir vous avaient aussi prévenu, avant l’achat, des problèmes de moteur que connaissait déjà le Cabestan, qui s’appelait alors Loc Maria…

Annick Girardin et Yannick Cambray vous avaient averti concernant le gouffre financier que représentait ce navire, y compris avec les frais d’adaptation et la création d’une régie en fonctionnement…

Et résultat des courses, les contribuables locaux ont perdu 5 millions et demi d’euros sur la vente de ce navire, bradé à Damen dans le cadre du projet ferries.

5 millions et demi de perte, juste sur le matériel, sans même prendre en compte la subvention d’équilibre annuelle de 3,8 millions d’euros pour le fonctionnement !

Aujourd’hui, depuis notre élection et tout au long de la campagne des territoriales en mars – j’ai en mémoire des échanges très vifs à ce sujet lors du débat télévisé, Monsieur le Sénateur-conseiller – Tatiana Vigneau-Urtizberea et moi-même vous avons alerté concernant les lacunes évidentes du projet ferries, avec l’absence de possibilité d’accueil sur Fortune, l’absence de solution acceptable pour tous les usagers sur le port de Miquelon, et l’absence de quais d’accueil sur Saint-Pierre, où, comme sur Miquelon, l’accueil des ferries ne peut pas justifier un passage en force au préjudice de tous les autres utilisateurs.

Sur tous ces points, un seul mot me vient à l’esprit : AMATEURISME !

Car c’est aujourd’hui seulement, après l’arrivée des ferries, que la Collectivité se réveille pour remettre à l’Etat un projet d’utilisation partagée des quais d’Interpêche, alors qu’il s’agit d’un projet élaboré et proposé à la Collectivité il y a plus d’1 an par les autorités du Port – et que la Collectivité avait alors refusé !

C’est décidément un bien mauvais prétexte pour tenter de justifier l’inaction, la légèreté et l’amateurisme blâmable de la majorité actuelle de ce Conseil.

Aujourd’hui, les questions sont nombreuses et légitimes, mes chers collègues.

Monsieur le Président, avant de réceptionner localement ces deux ferries construits à prix fort à l’étranger – et notamment en Turquie – avez-vous bien vérifié qu’ils disposent de l’ensemble des certifications et des autorisations pour naviguer dans l’Archipel ?

Ce serait un comble d’incompétence, alors que les navires sont payés et que les échéances d’emprunt commenceront à tomber sous peu, si ces navires n’étaient finalement pas utilisables, ou devaient subir de nouveaux retards techniques avant qu’ils puissent entrer en service et qu’on puisse commencer à en tirer un quelconque bénéfice!

Je vous remercie par avance de vos précisions là-dessus, mais j’ai une autre question tout aussi urgente, Monsieur le Président.

Outre le coût réel des quais sur Saint-Pierre et la préservation nécessaire du port de Miquelon pour les autres usagers, où en êtes-vous concernant la recherche d’un port d’accueil sur Terre-Neuve?

Sur Fortune, c’est une petite fortune, justement, qui manque pour que les ferries puissent y accoster.

Or, aller jusqu’à Grand Bank, même s’ils étaient prêts à nous recevoir, ce n’est pas la même chose que Fortune, notamment pour des ferries beaucoup plus lents que le traversier actuel.

Est-ce que vous pouvez au moins nous confirmer, Monsieur le Président, que ce ne sont tout de même pas les gens de l’Archipel qui vont finir par devoir financer les travaux sur les quais de Fortune ?

Il serait inacceptable que ce soit l’Archipel qui doive payer une fois de plus le prix de la mauvaise gestion et de l’absence de prévision des questions basiques par ce Conseil, que ce soit en payant ces travaux de notre poche – ou alors en les faisant payer pour nous par l’Etat, soit autant d’argent qui serait alors perdu pour l’Archipel.

Je vous remercie, Monsieur le Président, pour vos réponses sur ces questions fondamentales.

En l’attente, mes chers collègues, je me dois de rappeler une dernière fois que 17 000 euros de dette pour chaque ménage de l’Archipel, ce n’est malheureusement qu’un début, puisque ces chiffres communiqués aujourd’hui n’incluent rien concernant les autres chantiers annoncés et en cours, dont tout particulièrement les millions, voire les dizaines de millions, du nouveau Palais Territorial.

Monsieur le Sénateur-conseiller lui-même a été obligé de reconnaître, sur les ondes de SPM 1ère et pour la première fois en plus de onze années aux manettes du Conseil, que la Collectivité ne pourra pas continuer à faire de telles dépenses du fait de sa dette colossale.

On comprend mieux, du coup, les choix de désengagement financier de la Collectivité ces dernières années, que ce soit sur le financement des écoles privées, le transport scolaire, la desserte de l’Île aux Marins, la formation professionnelle, ou encore le déneigement pour les personnes âgées et dépendantes, pour ne citer que quelques exemples.

Et tout cela, pour des montants dérisoires en comparaison avec les coûts annoncés – et ceux qu’on nous cache encore – pour les ferries, ou encore pour le nouveau Palais Territorial.

Dans ce Débat d’Orientation Budgétaire, mes chers collègues, l’orientation est terriblement claire : la pente est plus que descendante, et la Collectivité fonce aujourd’hui droit dans le mur qui nous attend tout en bas.

Monsieur le Président du Conseil territorial, mes chers collègues, il est encore temps de se ressaisir ! L’opposition est présente pour vous y aider, à notre niveau, mais pour cela il faudrait au moins commencer par répondre à nos questions légitimes et à nous donner les informations de base qui nous reviennent de droit et que vous nous avez promis depuis le début de l’année !

Merci de votre attention.

  • L’interview de Matthew Reardon à la sortie de la séance officielle :

Saint-Pierre et Miquelon au centre des débats du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) !

CESE

Lors de son dernier déplacement à Paris (du 8 au 15 mai), le Conseiller Economique, Social et Environnemental de St Pierre et Miquelon a participé à différents rendez-vous et rencontres de travail mettant à l’honneur l’Outre-Mer et plus particulièrement notre Archipel. Sans bruit ni tapage médiatique, Yannick CAMBRAY poursuit son mandat avec l’objectif de faire entendre notre « voix » au sein de cette Institution.

* Le mardi 10 mai, dans le cadre des travaux de la Délégation Outre-Mer du CESE dont il est membre, le Conseiller de SPM a eu le plaisir d’accueillir le Président de la Collectivité Territoriale, M. Stéphane ARTANO. La Délégation doit rendre d’ici à la fin de cette année un rapport ayant pour thème « le Tourisme Durable en Outre-Mer ». Etant donné que le « fil conducteur » du 11ème FED (Fonds Européen pour le Développement) octroyé à l’Archipel est justement le tourisme durable, Yannick CAMBRAY  avait sollicité le Président ARTANO pour être auditionné par la Délégation Outre-Mer afin qu’il apporte son témoignage dans le cadre de cette auto-saisine. Cette audition de plus d’une heure a permis au Président du CT de mettre en avant la problématique et les enjeux du tourisme durable pour St Pierre et Miquelon.

* Le mercredi 11 mai, l’ensemble des Conseillers Economiques, Sociaux et Environnementaux d’Outre-Mer ont reçu pour un déjeuner de travail Frédéric POTIER, le Conseiller Outre-Mer du Premier Ministre, Manuel VALLS. Une occasion pour Yannick CAMBRAY d’évoquer la prochaine visite du Premier Ministre et d’insister pour que celle-ci se déroule sur deux jours, soit les 18 et 19 juin.

* Le mercredi 11 mai, Yannick CAMBRAY est intervenu en séance plénière du Conseil pour présenter la position du Groupe Outre-Mer sur le rapport intitulé « les circuits courts de distribution alimentaire ».

Vous trouverez ci-après l’intégralité de sa déclaration dans laquelle il a souligné deux sujets bien spécifiques à l’Archipel, à savoir :

-  La possibilité de profiter des vols militaires qui sont amenés à faire escale dans l’Archipel pour l’acheminement de produits frais (une demande faite par certains grossistes locaux lors de la venue du Président de la République en décembre 2014);

- La réalisation d’une étude sur la faisabilité d’une ligne aérienne directe entre notre Archipel et l’Hexagone.

* Toujours le mercredi 11 mai, mais en soirée cette fois, les Conseillers d’Outre-Mer ont été reçus  par la Ministre Annick GIRARDIN au Ministère de la Fonction Publique pour un dîner de travail. Une occasion d’échanger de façon très conviviale sur les problématiques des Fonctions Publiques en Outre-Mer ainsi que sur la future loi de programmation dite « égalité réelle dans les outre-mer » qui est en cours de préparation.

Yannick CAMBRAY a terminé son séjour par une réunion de travail le jeudi 12 mai avec la Ministre Annick GIRARDIN et le Député Stéphane CLAIREAUX sur des sujets spécifiques à l’Archipel.

 

L’intervention de Yannick CAMBRAY :

« Monsieur le Président, Monsieur le Rapporteur, Chers Collègues,

Nous, membres du Groupe de l’Outre-Mer, nous avons la singularité au sein de cette Assemblée d’être les seuls Conseillers à être « rattachés » ou « identifiés » à un Territoire.

De fait, lors de nos interventions, notre « regard » est souvent tourné vers ces territoires dont nous sommes les représentants. Oui, je sais que ça peut parfois « agacer », mais souligner nos « spécificités » lors des travaux du CESE permet de rappeler, autant que nécessaire, que ce qui va de soi pour l’hexagone, est souvent difficilement transposable en l’état dans les outre-mer.

Aussi, au nom du Groupe de l’Outre-Mer, je tiens à remercier le rapporteur et la section pour leur écoute quant aux enjeux ultramarins.

Les contraintes structurelles de nos territoires (selon le cas, l’éloignement, le climat, le manque de foncier, l’étroitesse des marchés, la très forte concurrence des pays tiers voisins …) font que certaines solutions proposées depuis Paris se heurtent souvent aux réalités de nos territoires, et apparaissent parfois déconnectées des contraintes de nos acteurs locaux. Ainsi que le rappelle le projet d’avis, la mise en place des Plans Régionaux d’Agriculture Durable pourraient permettre une adaptation souhaitable à nos enjeux spécifiques. En outre, ces plans devraient faciliter les échanges avec les pays tiers voisins.

Par ailleurs, certaines préconisations que nous avons pu proposer comme l’acheminement de produits frais en profitant des vols militaires qui sont amenés à faire escale dans les collectivités les plus petites et les plus isolées comme celles de Saint-Pierre et Miquelon, de Wallis et Futuna ou des archipels polynésiens, peuvent paraître baroques pour un regard métropolitain, mais pour les consommateurs de ces territoires, il s’agit de solutions concrètes qui tendent à répondre à certaines contraintes structurelles très marquées et spécifiques : l’isolement important, l’absence de desserte régulière en fret, l’impossibilité de produire localement par manque de terres agricoles disponibles, l’environnement régional qui ne permet pas de garantir un approvisionnement en produits frais aux normes sanitaires européennes.

Je profite de l’occasion qui m’est donnée ici pour rappeler l’importance de la desserte aérienne pour nos territoires. A Saint-Pierre et Miquelon, je souhaite que le Gouvernement engage une étude sur la faisabilité d’une ligne aérienne directe entre notre Archipel et l’Hexagone.

Plus généralement, en matière de distribution alimentaire, les outre-mer se caractérisent encore par un manque de concurrence à différents niveaux. Dans certaines collectivités ultramarines, les contrats d’exclusivité de long terme conclus entre les grandes marques nationales avec un importateur-grossiste local unique aboutissent à des rentes, à des abus sur les marges, et à une impossibilité pour les distributeurs de choisir leurs fournisseurs. Cela impacte négativement les prix et la qualité des produits. Le projet d’avis met en évidence avec pertinence ces problématiques, et souligne à raison la nécessité de pérenniser les outils spécifiques créés par la loi en 2012 tels que les boucliers qualité prix et d’attribuer aux Observatoires des Prix et des Marges et des Revenus, les moyens financiers adaptés à leur mission.

Enfin, alors que nos territoires sont marqués par des problématiques de santé particulières (diabète et obésité), nous tenons à rappeler au Gouvernement la nécessité que soit enfin pris l’arrêté interministériel visant à interdire des niveaux de sucres supérieurs à ceux pratiqués dans l’hexagone pour certains produits fabriqués localement (soda, produits laitiers, biscuits).

Les préconisations de ce projet d’avis sont de grande qualité, ainsi, le Groupe de l’Outre-Mer le votera.

Yannick CAMBRAY »

 

Conseil municipal : débat d’orientation budgétaire 2016

ycambray.dob.2016

Allocution prononcée ce mardi 15 décembre pour le débat d’orientation budgétaire 2016 par le nouveau Conseiller Economique, Social et Environnemental, Yannick Cambray, conseiller municipal de Cap sur l’avenir :

Madame le Sénateur-Maire,
Mesdames et messieurs,
Chers collègues,
Nous voilà déjà rendus à notre second Débat d’Orientations Budgétaires, soit, quasiment, au tiers de notre mandat ! Que le temps passe vite !

Si l’on en croit les derniers chiffres publiés par l’IEDOM, la situation économique de l’Archipel serait satisfaisante, la quasi-totalité des « voyants » serait au « vert » selon cette institution.

Toutefois, entre la vision comptable de l’économie et la réalité du terrain, j’estime pour ma part qu’il y a un fossé.

En effet, nombreuses sont les personnes qui se plaignent des prix à la consommation, de leurs difficultés à « boucler leur fin de mois », à assumer leurs charges de loyer, d’emprunts ou de chauffage, sans parler du « reste à vivre » qui permet tout juste à certains de nos concitoyens de se nourrir. Les ouvriers saisonniers, les employés du Commerce, les chômeurs, les « petits » retraités (pour ne citer que ces 4 catégories sociales) ont de plus en plus de difficultés à vivre décemment chez nous. En tant qu’élus, c’est une réalité que l’on se doit de garder en mémoire lors de nos prises de décisions !

Certes, personne n’est sur la rue ou ne meurt de faim dans notre Archipel. Les organismes sociaux, les Collectivités jouent pleinement leur rôle. Mais ce n’est pas pour autant que tout le monde à St Pierre et Miquelon dispose d’un pouvoir d’achat le mettant à l’abri de toute difficulté.

Permettez-moi maintenant de vous livrer une réflexion personnelle qui a trait au climat politique qui règne sur l’archipel.
Depuis les élections municipales de mars 2014, je me suis mis, en partie, en retrait de la vie politique, histoire de faire le point dans mon parcours et dans mon engagement, histoire aussi de prendre du recul pour réfléchir, mais aussi, et surtout, pour « écouter » la population.
La conclusion à laquelle j’arrive est que le rejet de la classe politique à laquelle nous assistons en métropole – on l’a vérifié encore avec la montée en puissance du Front National aux dernières Régionales – arrive aussi ici. Prenons garde !
Il faut bien avouer que depuis quelque temps, le spectacle offert localement par les exécutifs des collectivités et leurs proches est plutôt navrant, je dirai même du niveau d’une classe de récréation de maternelle ! En tout cas, elle ne donne pas l’image d’un personnel politique motivé et oeuvrant pour l’intérêt général.
En effet, pas un mois, pas une semaine quasiment, sans qu’une polémique, souvent ridicule, ne vienne alimenter les commentaires ou les titres d’informations des médias locaux.
Depuis le début de l’année, j’observe de loin ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Il y a de quoi désespérer parfois de nos élites et de certains de nos concitoyens. Quel délire !
Je vise tout particulièrement certains apprentis sorciers venus d’ailleurs, bardés de diplômes (peut-être fictifs d’ailleurs), payés par nos impôts et qui ne cessent, à longueur de journée (on se demande même s’ils ont du temps pour travailler !) de déverser leur « fiel », des fausses informations, des rumeurs et de basses attaques sur Face Book ou autre support informatique alimentant ainsi un climat malsain et préjudiciable à notre Archipel.

Le débat politique doit être d’un autre niveau, sans quoi le rejet exprimé dans les urnes en métropole lors des dernières régionales risque d’arriver ici, et plus vite qu’on ne le croit !
Pour revenir au débat du jour, celui des orientations budgétaires de la Ville de Saint-Pierre pour l’année 2016, j’éviterai de réitérer nos remarques de l’an dernier qui sont malgré tout toujours d’actualité.
Il est clair que les élus de Cap Sur l’Avenir ne se retrouvent pas dans votre politique et les quelques orientations que vous nous dévoilez dans le document que vous nous avez transmis.
Il est vrai aussi, et comme vous l’indiquez en conclusion de votre rapport, que vous présenterez les orientations pour 2016 en deux étapes. Nous serons donc très attentifs à celles programmées au budget supplémentaire prévu au cours du 1er trimestre 2016.
Comme vous le savez, notre groupe politique a porté, porte et portera des projets majeurs pour la Commune comme le transport en commun et la mise en place d’un vrai projet d’animation au centre-ville, pour ne citer que ces deux-là. Il est par conséquent évident que l’on ne se retrouve pas dans les projets que vous nous soumettez.

Je souhaite toutefois profiter de ce débat pour vous interpeller sur l’achat d’un navire pour la desserte de l’île aux marins dont un appel public à la concurrence vient d’être publié dans le dernier Echo des Caps.
Nous attendons avec attention vos explications sur cette démarche, à savoir quel financement ( et plus exactement le montant prévisionnel de cette dépense et les aides attendues ? ) et, surtout, quelle gestion ?
De grâce, épargnez-nous d’une nouvelle Régie et limitez-vous à l’achat d’un seul bateau !!

Je plaisante, bien évidemment.

D’ores et déjà, nous pouvons vous indiquer que nous vous soutiendrons dans votre projet si bien évidemment, et je n’en doute pas, que l’exploitation de ce navire se fasse par le biais d’une DSP ou une convention avec un Privé, à l’image de ce qui s’est passé cet été (si l’on met de côté l’épisode malheureux de qui vous savez) et qui semble avoir donné toute satisfaction aux usagers. Nous estimons que quand le Privé peut réaliser une prestation de qualité à un coût raisonnable, laissons le faire.

Notre position au sein de cette assemblée n’a rien d’exceptionnel puisque c’est la même que nous préconisons pour la desserte en passagers de l’île de Miquelon-Langlade. Soit l’achat d’un navire / ferry par la Collectivité (je dis bien un navire et un seul) mais une exploitation par le Privé sous forme de DSP afin de mettre un terme au gâchis financier qui plombe les finances de la Collectivité territoriale depuis de trop longues années.

Je ne peux terminer cette intervention sans parler des événements terroristes tragiques qui ont secoué notre Pays.
Bien que l’on soit éloigné de la métropole par l’Océan Atlantique, ces attentats meurtriers ont fortement ému nos concitoyens. La marche silencieuse organisée par la municipalité de St Pierre le surlendemain de ces événements l’a bien démontré. 2000 personnes se sont rassemblées (soit plus du tiers de notre population) pour rendre hommage aux victimes et apporter leur solidarité aux familles éprouvées.
A la veille de Noël et du jour de l’an, il me semblait opportun de rappeler ces tristes événements.

N’oublions jamais que le 13 novembre 2015, la France a été touchée en plein coeur et que ce sont notre Liberté, notre Culture, notre mode de vie, notre jeunesse qui ont été ciblés !

Le plus navrant dans ces événements sanglants est de constater qu’une partie de ces terroristes barbares était de nationalité française. Cela doit nous interpeller, à tous les niveaux de responsabilité, où que nous soyons.

Pour conclure, c’est avec une pensée émue pour notre collègue Claude ARROSSAMENA malheureusement disparu il y a peu et dont nous tenons ici à saluer la mémoire, que je vous adresse, mesdames et messieurs, en mon nom et au nom de notre groupe, nos meilleurs voeux de santé et de bonheur pour la nouvelle année 2016.

Je vous remercie de votre attention.

Yannick CAMBRAY

 

Mission d’assistance générale à la passation du contrat de délégation de service public pour la desserte maritime en fret de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon

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Jeudi 23 juillet, les élus de Cap sur l’Avenir Annick Girardin, Stéphane Claireaux, Yannick Cambray et Maïté Légasse recevaient Nicolas Gohel de la société de conseils Advisory Services, en charge de la mise en oeuvre pour le compte de l’Etat d’un appel d’offre pour la délégation de service public de la desserte maritime en fret de l’Archipel.

Forts d’un travail de plusieurs années sur le sujet, les élus de Cap sur l’Avenir ont étayé leurs propos de leurs notes et travaux élaborés sur la question depuis 2004.

Ils ont ainsi renouvelé leur vision de la DSP et insisté à nouveau sur les préalables incontournables que sont :

  • La nécessité de doter notre Archipel d’un véritable service public de la desserte maritime dont la gestion pourrait être confiée à un GIP (Groupement d’Intérêt Public) ou une SEM (Société d’Economie Mixte), seule solution à leurs yeux pour que notre Archipel dispose d’une desserte fiable, viable et pérenne ;
  • La pertinence d’envisager la desserte de SPM de façon globale, via Halifax, mais en incluant aussi celle de Miquelon et celle de Terre-Neuve. Rappelons à ce propos que c’était l’objectif en 2009 de la pétition organisée par Cap sur l’Avenir, signée par plus de 1200 Saint-Pierrais et Miquelonnais, mais que le Président de la Collectivité Stéphane Artano, avait alors royalement ignorée, avec mépris… que de temps perdu… ;
  • Les importateurs locaux ne devraient pas gérer la desserte maritime en fret afin d’éviter toute confusion ou suspicion ;
  • La simplification de la grille tarifaire est pertinente, mais ne doit pas impacter les prix : la contribution des Saint-Pierrais et Miquelonnais doit être identique à celle d’aujourd’hui.

Les élus de Cap Sur l’Avenir ont souligné la nécessité de tenir compte dans l’élaboration de cette nouvelle Délégation de Service Public (DSP) du projet « ferries » de la Collectivité Territoriale et de celui de Hub Maritime de la société NTAC (projet plus connu sous le nom de « Grand Port »). En effet, si ces projets se concrétisent, ils impacteront de manière significative la desserte maritime de notre Archipel. Cette nouvelle DSP ne peut donc être que « transitoire » et ne permettra sans doute pas d’ouvrir ce marché à beaucoup de compétiteurs, d’autant que le calendrier fixé par l’administration pour le déroulement cet appel d’offre est très serré.

Desserte maritime : que de boniments !

Décidément, le Président de la Collectivité est passé maître dans l’art de l’enfumage et de travestir la réalité !

C’est ce qu’a souligné le Conseiller territorial de l’opposition David Dodeman dans son interview sur les ondes radio de SPM 1ère :

Il faut bien lui reconnaître cette qualité, Stéphane Artano sait arranger comme il lui convient, et avec un aplomb extraordinaire, les réalités locales !

En 2008, alors que la desserte maritime était à la dérive, que ce soit en passagers ou en fret, Cap sur l’avenir avait alors proposé une réflexion sur la problématique de la desserte maritime de l’Archipel dans sa globalité, c’est-à-dire en incluant le fret et les passagers, tant en inter-îles qu’à l’international (Halifax et Fortune). C’était là l’occasion d’opérer une réelle remise à plat du transport maritime dans toutes ses facettes et de réfléchir une bonne fois pour toutes à la mise en place d’un système global et optimisé pour répondre aux besoins des Saint-Pierrais et Miquelonnais.

Nous avions alors organisé une enquête auprès des commerçants, importateurs locaux et de la population afin de connaître leurs problématiques et récolter leurs commentaires sur la question.

Puis en 2009, compte tenu du peu d’écoute que nous rencontrions à l’époque auprès des responsables locaux, CSA avait décidé de lancer une pétition demandant au Président du Conseil territorial l’organisation d’un référendum sur la question du transport :

fichier pdf ptitiondesserte09

Nous avions alors récolté plus de 1200 signatures, sur lesquelles le Président Artano s’était royalement « assis » et avait balayé notre demande d’un revers de main.

S’il est vrai que l’Etat était dans un premier temps attaché à la mise en place d’une nouvelle Délégation de Service Public (DSP) pour le transport en fret international, le Député Annick Girardin avait réussi à faire entendre notre point de vue et, contrairement à ce qu’a déclaré Stéphane Artano au JT de SPM 1ère il y a deux jours, l’Etat était prêt à entamer une discussion sur une globalisation de la desserte maritime. Pour preuve, voici la déclaration de Denis Robin, Directeur de cabinet de la Sécrétaire d’Etat à l’Outre-mer de l’époque, Marie-Luce Penchard :

On ne peut plus explicite !

Quant au Président du Conseil territorial qui , en télé comme sur son blog, laisse entendre qu’il a toujours fait partie des élus partisans de regrouper les différentes dessertes maritimes…

« En effet, il est constant depuis quelques années que l’Etat n’a jamais accepté d’avoir une vision globale de l’Archipel en matière de desserte, ce que les élus ont tous unanimement regretté à plusieurs reprises. »

Il a la mémoire un peu courte !

Voici la position de Stéphane Artano en octobre 2009 :

On ne peut plus clair !

Comme dit le proverbe populaire : quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier ; elle met plus de temps, mais elle finit toujours par arriver !

5 ans après… que de temps perdu et d’argent aussi !

 

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